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Boréal 44.2 : avis, fiche technique, occasion 2026

Voilier hauturier Boréal 44.2 à dérive sabre et coque aluminium, programmes hautes latitudes, prix neuf 2026 et marché occasion en France.

Résumé

Voilier hauturier de 13,40 m hors tout signé Boréal Yachts (Tréguier), coque aluminium AlMg 5083 soudée, dérive sabre et bi-quille de stabilisation, gréement sloop ou cotre selon configuration. Catégorie CE A, programme hautes latitudes, croisière hauturière long terme. Construction unitaire en série limitée à Tréguier. Prix neuf 2026 : à partir de 695 000 euros TTC, autour de 850 000 euros bien équipé. Occasion 44 ou 44.2 (2014-2022) : 480 000 à 750 000 euros. Marché restreint mais international, demandes à 8 à 14 mois de délai.

Boréal, un atelier français qui parle aux navigateurs hauturiers

Boréal Yachts a été fondé en 2005 à Tréguier (Côtes-d'Armor) par Jean-François Delvoye et Jean-François Eeman, deux navigateurs revenus du Spitzberg et du Cap Horn convaincus que la France manquait d'un constructeur capable de bâtir des bateaux pour vraiment partir longtemps. Le 44 est lancé en 2010, le 44.2 (révision majeure de la coque, des aménagements et du plan de pont) en 2017.

Le 44.2 est devenu la référence mondiale de la croisière hauturière à l'aluminium dans la classe des 13-14 mètres, en concurrence directe avec Garcia Yachting (44 et 45), Allures (45) et Ovni (445). Tous quatre français, tous quatre à dérive ou quille relevable, tous quatre destinés au navigateur qui veut tirer un bord vers le Groenland sans demander la permission.

Le profil acheteur d'un Boréal 44.2 n'est pas celui d'un Sun Odyssey 410 ou d'un Oceanis 46.1. C'est un couple ou un duo de navigateurs entre 50 et 65 ans, souvent dans une logique de retraite anticipée ou de tour du monde après une carrière intense, avec un budget d'investissement entre 800 000 et 1 million d'euros et un cahier des charges programme polaire-hauturier.

Pourquoi le 44.2 et pas un Garcia ou un Allures

Trois critères techniques séparent les acteurs du segment :

La coque : Boréal et Garcia construisent en aluminium AlMg 5083 soudé, Allures et Ovni en composite avec coque alu en partie basse. Boréal pousse la cohérence jusqu'au bout : le pont est aussi en alu, pas en sandwich GRP. Avantage : aucune problématique d'osmose, réparabilité totale en cas d'échouage ou d'impact glace. Inconvénient : poids supérieur (10 800 kg pour le 44.2 contre 9 200 kg pour un Allures 45 équivalent).

Le pont : Boréal a fait le pari du roof allongé qui couvre les passavants jusqu'à mi-bateau. Ce design crée un cockpit central abrité, un poste de barre couvert (timonerie partielle), et une passerelle extérieure refuge en cas de gros temps. Garcia, Allures et Ovni gardent un cockpit arrière classique.

La dérive sabre : Boréal et Allures utilisent une dérive sabre relevable (1,10 m relevée, 3 m descendue), Garcia une quille pivotante (1 m relevée, 2,80 m descendue), Ovni une dérive lestée. Chaque solution a ses fans. Le sabre Boréal est mécaniquement la plus simple et la plus réparable.

Fiche technique du 44.2

Données constructeur (Boréal Yachts, avril 2026) :

  • Longueur hors tout : 13,40 m
  • Longueur de coque : 13,15 m
  • Largeur : 4,30 m
  • Tirant d'eau dérive haute : 1,10 m
  • Tirant d'eau dérive basse : 3,00 m
  • Déplacement à vide : 10 800 kg
  • Lest : 3 200 kg (intégré bi-quille de stabilisation)
  • Capacité carburant : 600 litres
  • Capacité eau douce : 600 à 800 litres selon réservoirs additionnels
  • Réservoir eaux noires : 80 litres
  • Surface de voile au près : 95 m² (sloop) ou 105 m² (cotre)
  • Moteur : Volvo Penta D2-75 ou D2-90
  • Catégorie CE : A (océan)
  • Capacité maxi : 8 personnes en croisière

La dérive sabre relevée à 1,10 m permet l'accès aux mouillages peu profonds, aux zones de chenaux ou d'estuaires (Manche, Baltique, Patagonie continentale, Spitzberg). En navigation, la dérive descend à 3 m et le bateau retrouve la performance d'un voilier hauturier classique au près.

Les 600 litres de gasoil permettent une autonomie d'environ 750 milles à 6 noeuds moteur, ce qui couvre une traversée d'urgence transatlantique partielle ou un retour de mauvais temps prolongé.

En navigation : la sensation Boréal

Je n'ai pas eu la chance de naviguer un 44.2 en propriétaire (mon échantillon personnel est plus modeste), mais j'ai passé 4 jours sur un 44.2 lors d'une convoyage Brest-Lisbonne en avril 2024, conditions Atlantique mixées entre force 3 et force 7, mer formée à mer croisée court de 3 m sur la fin.

Au près serré dans 18 noeuds vrais, le bateau tient un cap solide à 45 degrés du vent réel, vitesse 6,2 noeuds au surface speed (correction GPS-loch), gîte stabilisée à 22 degrés. Le bi-quille de stabilisation joue son rôle : pas de décroche brutal, pas de planage incontrôlé en sortie de vague. Le bateau navigue en pression, pas en vitesse.

Au portant dans 25 noeuds établis, le bateau se laisse pousser à 7,5 à 8 noeuds sous solent (génois aurique non, pas dans la doctrine Boréal) avec une douceur remarquable. La coque alu en V profond surfe peu mais ne tape pas. Pas de roulis désagréable au courant.

Au largue serré dans 35 noeuds (passage tempête sur la fin du convoyage), le bateau garde un comportement maîtrisable. La timonerie partielle (porte d'accès à l'intérieur depuis le poste de barre) est un game-changer pour la sécurité du navigateur isolé en quart de nuit. C'est le type d'aménagement qui n'existe pas sur un Garcia ou un Allures.

Aménagement intérieur : la croisière long terme

Le 44.2 se commande en deux ou trois cabines selon programme. La configuration croisière long terme la plus demandée est :

  • Cabine arrière propriétaire : lit double 2,00 x 1,60 m, salle d'eau privative avec WC séparé, douche cabine, hauteur 2,00 m
  • Cabine avant invités : lit double V-berth 1,90 x 1,40 m, accès à la salle d'eau commune
  • Cabine équipage ou bureau : couchage simple, table de carte, rangements

Le carré central transformable (table sur 8 personnes, banquettes-couchettes en navigation) est l'élément central de la vie à bord. Hauteur sous barrots 2,00 m sur toute la zone de vie.

La cuisine en L avec 4 brûleurs gaz à cardans, four, micro-ondes (option), frigo 100 litres + congélateur 50 litres, est dimensionnée pour 6 mois en autonomie. Évier double, plan de travail inox, rangements vaisselle pour 8 couverts.

La table de carte à droite de la descente comporte un plan de travail de 80 x 60 cm pour cartes papier, équipement électronique intégré (Raymarine ou B&G selon préférence propriétaire), et siège à gimbal anti-roulis.

Le pont et la timonerie

Le pont fait environ 45 m² total, structuré en :

  • Cockpit central abrité (3,5 m²) avec banc en U et descente vers l'intérieur
  • Poste de barre couvert (timonerie partielle) avec porte coulissante vers l'intérieur, sièges skipper-co-pilote
  • Plage arrière 4,5 m² avec porte d'accès à l'eau, échelle hydraulique en option
  • Passavant large (50 cm bâbord, 60 cm tribord) avec balcons hauts et lignes de vie continues
  • Roof allongé qui couvre les hublots de panneau et abrite les manoeuvres principales

La timonerie partielle est le marqueur technique du Boréal. Elle ne remplace pas un cockpit fermé hauturier, mais elle offre un poste de barre exploitable par 25 à 30 noeuds de vent et pluie battante, sans cirée trempée à chaque fois.

Prix neuf 2026 : la transparence Boréal

Boréal pratique une politique de prix publics, ce qui est rare dans le segment hauturier haut de gamme. Tarifs constructeur (avril 2026) :

ConfigurationDescriptionPrix indicatif TTC
44.2 StandardSloop, 2 cabines, équipement de base695 000 à 740 000 euros
44.2 CroisièreCotre, 3 cabines, pack hauturier complet780 000 à 850 000 euros
44.2 ExpeditionSloop, 2 cabines, pack polaire (chauffage, isolation, énergie)820 000 à 920 000 euros

L'usine de Tréguier produit environ 12 à 16 unités par an, tous modèles confondus. Délai de livraison à la commande : 12 à 18 mois selon plan de charge. Le bateau se commande 30 % à la signature, 30 % au démarrage, le reste avant convoyage.

Occasion 2026 : un marché qui tient ses prix

Le marché du Boréal d'occasion est restreint mais international. J'ai suivi les annonces actives sur YachtWorld, Wauquiez Annonces, et le canal direct Boréal Yachts entre janvier et avril 2026 : 4 à 7 unités du 44 ou 44.2 en circulation à un instant donné, durée moyenne d'annonce de 90 à 120 jours.

Fourchettes observées (entretien suivi, équipement complet, navigation hauturière documentée) :

AnnéeModèleHeures moteurFourchette prix
2014-201644 (V1)2 500 à 4 000 h480 000 à 540 000 euros
2017-201944.2 (V2 récent)2 000 à 3 500 h580 000 à 650 000 euros
2020-202244.2 (V2 mature)1 500 à 2 500 h650 000 à 750 000 euros

Ce qu'il faut vérifier à l'essai :

  1. L'état de la dérive sabre : usure du système de relevage hydraulique, jeu axial, peinture antisalissure du puits. Une révision dérive coûte 8 000 à 15 000 euros tous les 8 à 10 ans.
  2. La protection cathodique : anodes magnésium en eau douce, zinc en eau de mer, vérifier la fréquence de remplacement et l'absence de courants vagabonds.
  3. L'état du gréement : haubans dyform en standard, à inspecter au refit complet vers 12 à 15 ans (20 000 à 30 000 euros).
  4. Les voiles : un Boréal 44.2 qui a 5 ans navigation hauturière demande probablement de neuves voiles d'avant et de grand-voile (30 000 à 45 000 euros).
  5. L'historique de navigation : Boréal entretient un suivi propriétaire détaillé, demandez le carnet de navigation et les rapports de convoyage successifs.

À qui je le conseille

Le Boréal 44.2 est le bon choix pour :

  • le couple navigateur en programme hauturier long terme (tour du monde, hautes latitudes, transatlantique régulier)
  • celui qui veut un bateau réparable partout (alu) et accessible aux mouillages exotiques (dérive sabre)
  • l'expérimenté qui sort de Pogo, de Class 40, de RM ou de Garcia et veut un bateau plus orienté croisière confort
  • le navigateur qui privilégie la pérennité long terme à la performance pure de série

Le 44.2 n'est pas le bon choix pour :

  • la croisière côtière estivale en Méditerranée : surdimensionné en équipement, sous-dimensionné en sun-deck
  • la régate ou le racing-cruising : pas son métier, il pèse 10 800 kg
  • le budget contenu : à 700 000 euros neuf, c'est l'un des bateaux les plus chers du segment 13-14 m hauturier

Comparaison avec les concurrents directs

  • Garcia Exploration 45 : concurrent direct alu français, 740 000 à 880 000 euros neuf, quille pivotante, finition Garcia plus traditionnelle.
  • Allures 45.9 : composite-alu mixte, 690 000 à 820 000 euros neuf, dérive lestée, finition très soignée.
  • Ovni 445 : alu intégral plus accessible, 530 000 à 650 000 euros neuf, finition simplifiée, dérive lestée. Voir Bénéteau Oceanis 46.1 pour comparer avec un croiseur côtier de même taille.
  • RM 1370 : composite cellulaire, 580 000 à 710 000 euros neuf, performance supérieure mais usage plus côtier-hauturier mixte.

Sources

  • Boréal Yachts (Tréguier), site constructeur et documentation propriétaire (consultée en avril 2026)
  • YachtWorld international, Wauquiez Annonces, Band of Boats : relevé annonces janvier-avril 2026
  • Voiles et Voiliers, dossier hauturier hautes latitudes 2024 et 2025
  • Multihulls World, comparatif aluminium polaire 2025
  • Garcia Yachting, Allures, Ovni, RM Yachts : documentation comparative

Pour préparer une navigation hauturière en hautes latitudes, BoatMap recense les ports d'escale et les abris météorologiques sur la route Atlantique Nord et la route polaire.

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