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AIS classe A vs classe B, lequel pour plaisance

Choisir entre AIS classe A et classe B pour la plaisance : puissance d'émission, fréquence des messages, prix et obligations réglementaires.

Résumé

L'AIS classe A est obligatoire sur les navires commerciaux de plus de 300 tonnes. La classe B suffit largement pour la plaisance. Différence principale : 12,5 W contre 2 W en émission, des intervalles de transmission plus rapides, un prix triple. Pour 95 % des plaisanciers, la classe B est le bon choix.

Le contexte

Quand on installe l'AIS sur son bateau, deux options se présentent : classe A ou classe B. Le commercial du ship-chandler vous expliquera que la classe A est "mieux" sans toujours préciser pourquoi. Voici les vraies différences techniques et leur pertinence pour la plaisance.

J'ai navigué pendant 6 ans avec un AIS classe B Vesper Marine, puis 2 ans avec un classe A em-trak (offre de package neuf à un prix raisonnable). Voici ce que j'en retiens.

Les obligations réglementaires

La classe A est obligatoire pour :

  • Tous les navires commerciaux de plus de 300 tonnes en haute mer
  • Tous les navires à passagers internationaux quel que soit le tonnage
  • Certains navires de pêche selon leur taille et zone

La classe B est totalement suffisante pour :

  • Tous les bateaux de plaisance, quelle que soit leur taille
  • Les unités professionnelles de moins de 300 tonnes en local
  • Les bateaux de location et flottilles charter

Donc en plaisance, on n'est jamais obligé d'avoir une classe A. Le choix est purement technique et budgétaire.

La puissance d'émission

Différence la plus visible :

  • Classe A : 12,5 W
  • Classe B : 2 W

Conséquence directe : portée d'émission. La classe A est captée par les autres navires AIS jusqu'à 30 à 40 milles nautiques en conditions favorables, parfois jusqu'à 60 milles vers les antennes côtières et stations satellite. La classe B porte typiquement 5 à 12 milles vers les autres bateaux, jusqu'à 30 à 40 milles vers les stations satellite ou côtières.

Pour un croiseur de plaisance qui navigue dans des zones à fort trafic (Manche, golfe du Lyon, détroit de Bonifacio), la classe B suffit largement à être vu par les cargos environnants. Au-delà de 10 milles, votre signal est de toute façon absorbé par d'autres dans la cacophonie ambiante.

La fréquence des messages

C'est ici que se joue une vraie différence opérationnelle. L'AIS transmet :

Classe A

  • Position dynamique : toutes les 2 à 10 secondes selon vitesse
  • Données voyage : toutes les 6 minutes
  • Données statiques : toutes les 6 minutes

Donc votre bateau apparaît sur les écrans des cargos environnants avec une mise à jour quasi temps réel.

Classe B

  • Position dynamique : toutes les 30 secondes au-dessus de 2 nœuds, toutes les 3 minutes en dessous
  • Données voyage : toutes les 6 minutes
  • Données statiques : toutes les 6 minutes

Le délai de 30 secondes peut sembler long mais reste largement suffisant pour anticiper les routes. En revanche, en zone de trafic dense où les cargos manoeuvrent vite, un classe A donne une meilleure visibilité de votre intention.

Innovation récente : la classe B+ ou SOTDMA (mode utilisé par certains modèles haut de gamme classe B) descend à 5 à 15 secondes pour la position dynamique, se rapprochant de la classe A.

Le prix

Différence considérable :

  • Classe B basique : 600 à 900 euros (Em-trak B400, Garmin AIS 600, Vesper Cortex)
  • Classe B SOTDMA (mode rapide) : 900 à 1300 euros
  • Classe A : 2500 à 4000 euros (Em-trak A100, Furuno FA-150, JRC JHS-183)

À l'installation, ajouter antenne dédiée VHF/AIS, splitter ou antenne séparée, câblage NMEA 2000 et alimentation. Compter 200 à 400 euros supplémentaires.

Pour la plaisance, l'écart de 1500 à 3000 euros entre B et A représente plusieurs saisons de cotisation au club nautique. Difficile à justifier sans usage spécifique.

Les fonctions logicielles

Côté affichage et alertes, peu de différences.

La classe A et la classe B fournissent toutes deux :

  • Identification du navire (nom, MMSI)
  • Position en temps réel
  • Cap, vitesse, taux de changement de cap
  • CPA (Closest Point of Approach) et TCPA (Time to CPA) calculés par le plotter
  • Alarmes de collision

La classe A ajoute des données spécifiques à la marine professionnelle :

  • État de navigation détaillé (en route, à l'ancre, restreint dans son aptitude...)
  • Destination et ETA
  • Tirant d'eau, type de cargaison, dimensions

Pour la plaisance, ces informations supplémentaires sont peu utiles.

Mon retour comparé

Avec la classe B Vesper Marine pendant 6 ans :

  • Toujours bien visible des cargos en Manche et en Méditerranée
  • Aucune situation où je me suis senti "ignoré" parce que classe B
  • Couverture jusqu'à 8-10 milles vers les autres bateaux, suffisant pour anticiper

Avec la classe A em-trak depuis 2 ans :

  • Affichage légèrement plus rapide vers les autres écrans
  • Données détaillées (destination, ETA) qui n'apportent pas grand-chose en pratique
  • Aucun bénéfice tangible perçu en croisière côtière standard
  • Surcoût et installation plus complexe (alimentation 24 V dans certains modèles)

Honnêtement, j'ai pris la classe A parce qu'elle était dans un package promo sur un refit complet. Si j'avais dû choisir librement, je serais resté en classe B SOTDMA.

Quand la classe A se justifie en plaisance

Quelques cas légitimes :

  • Yachts de plus de 24 mètres avec usage international intensif
  • Bateaux qui louent en charter avec exigence d'AIS classe A par les compagnies d'assurance
  • Voiliers de course offshore (ARC, Transat) où la visibilité haute fréquence est un atout
  • Navigations en haute mer avec trafic commercial dense (Manche, Suez, Panama)

Pour 99 % des navigations côtières et de croisière, la classe B couvre tous les besoins.

Verdict

Si vous équipez un voilier ou bateau moteur de plaisance pour de la croisière côtière à hauturière, classe B SOTDMA sans hésitation. Économie significative pour des fonctionnalités équivalentes en pratique.

Pensez surtout au mode émetteur-récepteur : un AIS récepteur seul est moins cher (200 à 400 euros) mais ne vous rend visible. À l'heure où les cargos manoeuvrent à l'AIS, il vaut mieux émettre.


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