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Apprendre le vocabulaire bateau : babord, tribord, écoute, bouline

Le glossaire qu'un débutant doit vraiment connaître avant sa première sortie : coque, voiles, mouillage, amarrage. 60 mots expliqués simplement.

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Ce glossaire couvre les 60 mots que j'aurais aimé connaître avant de monter sur un bateau la première fois. Pas de liste alphabétique indigeste : les termes sont regroupés par usage (le bateau, la navigation, les voiles, le mouillage, le port). La plupart viennent du néerlandais ou du vieux français, ce qui explique leur bizarrerie.

Le bateau : les parties qu'on nomme tous les jours

La coque et les extrémités

La coque est l'enveloppe qui flotte. Sous l'eau, elle se termine par la quille (la partie lestée d'un voilier, qui empêche de chavirer) et par le safran (le plan vertical qui braque pour tourner, actionné depuis la barre). Le gouvernail au sens strict, c'est l'ensemble barre + mèche + safran.

L'avant du bateau s'appelle l'étrave, parfois simplement la proue. L'étrave est la partie qui fend l'eau. L'arrière, c'est la poupe, aussi appelée le tableau arrière sur les coques modernes. Entre les deux, le pont du bateau est la surface sur laquelle on marche. Les parois verticales qui remontent depuis le pont s'appellent les fargues ou le plat-bord.

Bâbord, tribord : la règle qui ne bouge jamais

Debout à l'intérieur du bateau, face à l'avant :

  • Bâbord : côté gauche
  • Tribord : côté droit

C'est fixe. Même si vous êtes assis en regardant vers l'arrière, bâbord reste à gauche du bateau, pas de vous. L'astuce que m'a donnée mon premier moniteur : « babord = batterie = rouge = gauche ». Les feux de navigation suivent la règle (rouge à bâbord, vert à tribord). Les termes viennent du néerlandais médiéval, selon le forum Hisse et Oh qui en a fait son mini feuilleton.

À l'intérieur

Le cockpit est l'espace extérieur où l'on barre et où l'on règle les manœuvres. Le carré est la pièce principale à l'intérieur, avec la table. Les couchages s'appellent des bannettes ou des couchettes. La cuisine, c'est la cambuse ou le coin cuisine, avec sa gazinière à cardan (qui reste horizontale même quand le bateau gîte). La descente est l'escalier qui mène du cockpit au carré.

Les points cardinaux du bateau

Toujours avec l'axe avant-arrière comme référence :

  • L'avant : vers l'étrave
  • L'arrière : vers la poupe
  • Au vent : le côté d'où vient le vent
  • Sous le vent : le côté opposé

On dit aussi amont et aval dans les rivières et dans les estuaires (le courant remplace le vent).

Les allures (angle entre le cap du bateau et le vent)

L'allure décrit la direction de votre bateau par rapport au vent. Les cinq allures principales, de l'étrave vers la poupe :

  • Vent debout : le vent vient pile dans le nez. Un voilier ne peut pas avancer ainsi. Zone morte.
  • Au près : on remonte au plus près du vent, typiquement 40 à 50 degrés. Les voiles sont bordées, le bateau gîte, on tape dans la vague.
  • Au travers : le vent arrive perpendiculaire. Allure rapide et confortable.
  • Au largue : le vent vient trois quarts arrière. Idéal pour les longues traversées.
  • Au portant (ou vent arrière) : le vent pousse dans le dos. Allure paisible mais piégeuse (risque d'empannage involontaire, quand la bôme traverse seule le bateau).

Lof, abattée, virement, empannage

Lofer (ou « loffer »), c'est orienter l'étrave vers le lit du vent (remonter plus au près). Abattre, c'est l'inverse : éloigner l'étrave du vent. Le virement de bord se fait face au vent (l'étrave traverse l'axe du vent), l'empannage se fait vent arrière (la poupe traverse l'axe du vent). Le virement est doux, l'empannage est brutal si mal préparé.

Quand vous enregistrerez votre première sortie sur BoatMap, vous verrez ces allures apparaître dans l'analyse du track en fonction de l'angle entre votre cap et le vent météo. C'est un bon moyen de comprendre a posteriori ce qu'on a fait.

Les voiles et le gréement : les bouts qu'on tire

Le mât, la bôme, le gréement

Le mât est le grand tube vertical. La bôme est la perche horizontale en pied de mât qui tient le bas de la grand-voile. L'ensemble des voiles s'appelle la voilure ; l'ensemble des câbles et cordages qui tiennent le mât et manœuvrent les voiles s'appelle le gréement. Le gréement dormant ne bouge pas (étais, haubans). Le gréement courant est celui qu'on manœuvre (drisses, écoutes).

Les voiles du voilier classique

Un voilier sloop typique porte deux voiles.

  • La grand-voile (GV) : la voile principale, fixée au mât et à la bôme.
  • Le génois ou le foc : la voile avant. Le génois déborde du mât (plus grand), le foc s'arrête avant. Le génois est enroulé sur un enrouleur sur la plupart des bateaux modernes.
  • Le spi (ou spinnaker) : la grande voile colorée utilisée au portant. Le gennaker est un cousin asymétrique, plus simple à manœuvrer.

Le vocabulaire des cordages

Sur un bateau, on ne dit jamais « corde ». On dit bout (prononcez « boute »), ou le nom précis selon la fonction. Voici les trois qu'un débutant manipule en permanence :

  • Drisse : cordage qui sert à hisser une voile en haut du mât. Une drisse de GV, une drisse de génois, une drisse de spi.
  • Écoute : cordage qui règle l'angle de la voile par rapport au vent. Border l'écoute = tirer dessus pour serrer la voile. Choquer = relâcher.
  • Bouline : cordage amarré sur le côté d'une voile pour la faire prendre le vent de biais. Terme ancien, moins utilisé sur le gréement moderne, mais on trouve encore une « bouline de ris » (qui sert à prendre un ris, voir plus bas). Voir la définition détaillée dans le glossaire de la navigation à voile sur Wikipédia.

Autres termes à connaître : la balancine (soutient la bôme quand la GV est affalée), le hale-bas (tire la bôme vers le bas pour plaquer la voile), le pataras (étai arrière qui tient le haut du mât).

Les ris : réduire la voile

Quand le vent monte au-dessus de 18 à 20 nœuds, on prend un ris : on réduit la surface de la grand-voile en repliant son bas. Un ris, deux ris, trois ris : plus le vent force, plus on en prend. C'est une manœuvre de sécurité, pas un aveu de faiblesse. Un voilier qui gîte trop ne va pas plus vite, il dérive plus et fatigue l'équipage.

Le mouillage : jeter et récupérer l'ancre

Les pièces

  • Ancre : le grappin en métal qui crochète le fond. Types courants : CQR, Delta, Bruce, Rocna, Spade.
  • Chaîne : les maillons en acier qui relient l'ancre au bateau. Donne du poids pour faire plaquer l'ancre.
  • Bout (ou orin, ou aussière) : la suite textile de la chaîne si on veut plus de longueur.
  • Davier : le rouleau pivotant à l'avant du bateau, sur lequel la chaîne passe pour éviter qu'elle ne racle le pont.
  • Guindeau : le petit treuil (souvent électrique) qui remonte la chaîne.
  • Étalingure : le bout court qui fixe l'extrémité de la chaîne au fond du coffre à mouillage. C'est la dernière sécurité : si jamais toute la chaîne part par-dessus bord, l'étalingure empêche de perdre l'ensemble. Le dictionnaire bateaux.com en donne la définition précise.

Le ratio longueur de chaîne / profondeur

La règle classique : on file 3 fois la hauteur d'eau en chaîne pour un mouillage calme, 5 fois si le vent monte, 7 fois en mouillage forain exposé. Par 5 mètres de fond avec 20 nœuds annoncés, je file 25 mètres de chaîne. Ne jamais se contenter de « à peu près ». La marque tous les 10 mètres sur la chaîne (en peinture ou en rubans de couleur) est le meilleur investissement à 8 euros qu'on puisse faire.

Le port : s'amarrer proprement

Les infrastructures

La cale (de mise à l'eau) est la rampe en pente qui descend dans l'eau pour mettre à l'eau un bateau remorqué. Le ponton est la passerelle flottante ou fixe où on accoste. La panne est l'alignement de pontons qui dessert plusieurs places. Les catways sont les petits pontons perpendiculaires qui séparent chaque place de port.

Les points d'amarrage

Sur le pont ou sur le ponton, on trouve :

  • Taquet : la pièce en T sur laquelle on tourne une amarre.
  • Bitte d'amarrage : gros plot vertical (souvent en fonte) sur un quai, pour les amarres lourdes.
  • Cabestan : treuil vertical (rare en plaisance).

Les amarres (les cordages qui tiennent le bateau à quai)

Quatre amarres de base pour un amarrage propre à couple :

  • Garde avant : part de l'étrave et va vers l'arrière. Empêche le bateau de reculer.
  • Garde arrière : part de la poupe et va vers l'avant. Empêche d'avancer.
  • Pointe avant : part de l'étrave, amarrée droit devant ou en travers.
  • Pointe arrière : idem à l'arrière.

Les pare-battages (ou défenses) sont les cylindres en plastique gonflé qu'on pend entre le bateau et le quai pour éviter les rayures. Règle de base : un pare-battage par 2,5 mètres de longueur, jamais moins de quatre.

L'aussière est un gros cordage d'amarrage, typiquement pour les bateaux de plus de 15 mètres ou pour un amarrage lourd en tempête.

Aide-mémoire : les 10 mots à retenir en priorité

Si vous ne devez en mémoriser que dix pour votre première sortie en équipage, ce sont ceux-là. Le reste viendra avec la pratique.

  1. Bâbord (gauche) / Tribord (droite)
  2. Étrave (avant) / Poupe (arrière)
  3. Drisse (monte la voile) / Écoute (règle l'angle de la voile)
  4. Bôme (attention à la tête quand elle traverse)
  5. Mouillage (l'endroit et l'action de jeter l'ancre)
  6. Bout (cordage, jamais « corde »)
  7. Au près / au portant (les deux allures opposées)
  8. Border (tirer) / Choquer (relâcher)
  9. Virement (face au vent) / Empannage (vent arrière)
  10. Taquet (la pièce en T où on tourne l'amarre)

Les 50 autres termes s'apprennent en les manipulant. Le vocabulaire marin n'est pas un exercice de mémorisation, c'est un outil : si vous tirez vingt fois sur une écoute, le mot reste. Pour les racines historiques de ces mots (les trois-quarts viennent du néerlandais ou du vieux français), j'ai écrit mon complément sur les traditions maritimes qui croise l'étymologie et les usages d'aujourd'hui.

Un dernier conseil : quand vous entendez un mot nouveau sur un bateau, ne faites pas semblant. Demandez. Un marin qui explique, c'est gratuit, ça prend 15 secondes, et ça évite la fausse manœuvre qui coûte 300 euros de voilerie.

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