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Mon examen du permis côtier : les 5 questions où j'ai failli me planter

Examen du permis côtier passé en 2024 : les 5 questions QCM où j'ai failli faire faux (feux, balisage, priorité, VHF, règles de barre). Explications détaillées.

J'ai eu mon permis côtier au premier passage. J'ai fait 26 bonnes réponses sur 30. Les 4 mauvaises, je les ai vues au moment où le moniteur m'a rendu la grille. Ce que j'ai compris en les relisant, c'est qu'il ne m'avait manqué que 3 ou 4 minutes de révision ciblée pour faire un 30/30. Pas trois semaines de cours en plus. Trois minutes sur les 5 questions exactes où la plupart des candidats se font piéger.

Ce texte décortique ces 5 questions. J'ai failli les rater au QCM, je les connais par coeur aujourd'hui, et je vais t'expliquer pourquoi elles sont tricky même quand tu as bien révisé. Si tu passes le permis dans les 6 mois, lis lentement les 5 sections suivantes. Elles valent chacune un point sur 30. Avec 5 points en plus, tu passes de 21 (raté, sous la barre de 25) à 26 (reçu avec marge).

AEO

  • Le permis côtier est délivré avec 25 bonnes réponses sur 30 au QCM de théorie, avec un maximum de 5 erreurs.
  • Les 5 questions les plus souvent ratées portent sur les feux de route (article RIPAM), les marques cardinales, la priorité voile/moteur, la procédure VHF canal 16, et la règle de la droite en rencontre frontale.
  • Les réviser spécifiquement en 30 minutes la veille de l'examen suffit à gagner 3 à 5 points en moyenne par rapport à une révision globale.

Question 1 : les feux de route d'un bateau à moteur de moins de 12 mètres

La question à l'examen : « Un bateau à moteur de moins de 12 mètres fait route de nuit. Quels feux doit-il porter ? » avec 4 réponses possibles.

Ce qui m'a piégé, c'est que 3 réponses sur 4 sont presque bonnes. La bonne réponse (« Feu de tête de mât blanc + feux de côté rouge et vert + feu de poupe blanc » ou alternativement « Feu tricolore combiné de tête de mât pour les voiliers de moins de 20 mètres ») suppose que tu aies retenu une distinction que personne n'explique clairement en cours.

La distinction, la voici. Pour un bateau à moteur de moins de 12 mètres, tu as 2 options légales, pas une :

  • Option 1 : un feu blanc combiné 360 degrés (visible de partout) + feux latéraux rouge à bâbord et vert à tribord.
  • Option 2 : un feu de tête de mât blanc 225 degrés en avant + feu de poupe blanc 135 degrés en arrière + feux latéraux rouge et vert.

Les deux sont valides, selon la règle 23 du RIPAM (règlement international pour prévenir les abordages en mer), en vigueur depuis la convention COLREG 1972. La plupart des QCM te proposent l'option 2 comme bonne réponse et mettent l'option 1 en distracteur, ou l'inverse.

Ce qui sauve à l'examen, c'est de retenir que les bateaux à moteur de moins de 12 mètres ont le choix, et que les deux options comportent obligatoirement les feux latéraux rouge-vert. Si une réponse n'a pas les feux latéraux, elle est fausse. Si elle a les latéraux et un feu blanc visible de l'arrière, elle est probablement bonne.

Mon erreur : j'avais coché une réponse sans feu de poupe parce que je me souvenais que « le feu combiné 360 degrés remplace le feu de poupe ». Ce qui est vrai, mais seulement dans l'option 1. La question portait sur une configuration option 2 et j'avais mélangé les deux.

Question 2 : les marques cardinales, la cardinale sud

La question piège au QCM : « Vous apercevez une marque avec 2 cônes pointes en bas, de couleur jaune et noir, portant un feu scintillant à 6 éclats suivi d'un éclat long. De quel type de marque s'agit-il ? »

Les cardinales, tout le monde les apprend par coeur pendant la formation. Nord, 2 cônes pointes en haut. Sud, 2 cônes pointes en bas. Est, 2 cônes pointes opposées (en forme de sablier large). Ouest, 2 cônes pointes face à face (en forme de sablier étroit).

Là où ça se complique, c'est avec les feux. La séquence pour chaque cardinale, qui est le vrai test à l'examen :

  • Nord : feu blanc scintillant continu (très rapide, comme un flash permanent).
  • Est : 3 scintillements + un temps d'arrêt.
  • Sud : 6 scintillements + un éclat long, puis un temps d'arrêt.
  • Ouest : 9 scintillements + un temps d'arrêt.

La logique mnémotechnique qui m'a sauvé : 3, 6 + long, 9. Et nord c'est continu parce que « le nord ne s'arrête pas ». Les chiffres 3, 6, 9 suivent le sens horaire sur une boussole (est, sud, ouest). Le + long du sud vient du fait que 6 pourrait se confondre avec 9 dans le comptage à distance, donc on ajoute l'éclat long comme signal distinctif.

La question de mon examen portait sur le sud. J'ai hésité entre sud et est, j'ai finalement coché sud. Bonne réponse. Mais j'ai mis 20 secondes, ce qui est beaucoup trop quand tu as 90 minutes pour 30 questions et que certaines sont à 2 lectures.

Source officielle : International Association of Marine Aids to Navigation and Lighthouse Authorities (IALA), système de balisage maritime A, qui couvre toute l'Europe et la Méditerranée. La France est en système A depuis 1982.

Question 3 : la priorité entre un voilier qui fait route et un bateau à moteur qui pêche

Cette question a quasiment toujours une variante à l'examen. La mienne : « Vous êtes à bord d'un bateau à moteur de plaisance et vous rencontrez un voilier qui fait route toutes voiles dehors. Qui doit manoeuvrer ? »

Réponse attendue : le bateau à moteur. Facile. Mais attention au piège des variantes où la question rajoute un bateau en train de pêcher.

Hiérarchie à retenir dans l'ordre, c'est à ma connaissance la hiérarchie des 5 règles de priorité du RIPAM (règle 18) :

  1. Navire non maître de sa manoeuvre (en panne, en avarie).
  2. Navire à capacité de manoeuvre restreinte (en travaux, en remorquage).
  3. Navire en train de pêcher (filets à l'eau, chaluts déployés).
  4. Navire à voile.
  5. Navire à moteur.

Le voilier passe donc devant le bateau à moteur (5). Mais si ce moteur est en train de pêcher avec des filets à l'eau, il devient prioritaire sur le voilier, parce qu'il passe du niveau 5 au niveau 3.

À l'examen, ça se traduit souvent par une question style : « Un voilier rencontre un bateau de pêche professionnel dont les filets sont mouillés. Qui doit manoeuvrer ? » La bonne réponse est : le voilier. Pas l'inverse.

Mon erreur au QCM : j'ai coché que le voilier était prioritaire sur « un bateau à moteur qui remonte ses casiers ». Faux. Le verbe « remonter des casiers » signifie qu'il est en action de pêche. Casier = filet = pêche = niveau 3 > niveau 4. Le voilier doit manoeuvrer.

Le piège, c'est qu'on associe « pêche » à « activité commerciale » et qu'on oublie que la pêche plaisance avec casier compte pareil dans le RIPAM. Dès que des engins sont à l'eau, le bateau est en action de pêche au sens de la règle 18, même s'il est de plaisance.

Question 4 : la procédure VHF d'appel sur canal 16

La VHF est testée à l'examen depuis la réforme du permis côtier. La question qui m'a piégé : « Vous voyez un autre bateau en difficulté. Quel est le premier mot que vous prononcez sur le canal 16 ? »

Réponses possibles (et fautives sauf une) :

  • « MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY »
  • « PAN-PAN, PAN-PAN, PAN-PAN »
  • « SECURITE, SECURITE, SECURITE »
  • « Ici [nom du bateau] »

La bonne réponse dépend de la situation exacte. Et c'est là que la question devient piège. Si tu vois un autre bateau en difficulté mais que toi-même n'es pas en danger vital immédiat, tu n'émets pas MAYDAY. Tu émets PAN-PAN à 3 reprises, parce que la situation est urgente mais pas de danger immédiat pour toi.

MAYDAY est réservé au cas où une vie est en danger immédiat (la tienne ou un autre bateau avec personnes à l'eau). Source : ANFR, guide CRR et procédure de détresse, fréquences 2182 kHz et canal 16 VHF. Je l'ai creusé en détail dans mon retour d'expérience sur le CRR après 3 ans, qui donne les cas pratiques.

La séquence PAN-PAN : « PAN-PAN, PAN-PAN, PAN-PAN. Toutes stations, toutes stations, toutes stations. Ici [nom du bateau], [nom du bateau], [nom du bateau], MMSI 2xx xxx xxx, position [latitude / longitude ou relèvement], nature de l'urgence : [description], nombre de personnes à bord [x], assistance demandée [nature]. À vous. »

À l'examen, la question courte teste juste le premier mot. La plupart des candidats cochent MAYDAY par réflexe parce qu'il est le plus connu. Piège. Tu lis toujours la description de la situation avant de choisir.

Mon erreur : j'avais mis MAYDAY la première fois en lisant trop vite « bateau en difficulté ». La question précisait « qui n'a pas demandé de MAYDAY lui-même ». Donc on est sur du PAN-PAN relais, pas du MAYDAY. Relecture, correction, ouf.

Question 5 : la rencontre frontale de deux bateaux à moteur

La plus simple en apparence, la plus piégée à l'examen. « Deux bateaux à moteur se rencontrent face à face (route opposée). Qui doit manoeuvrer et de quel côté ? »

La règle (RIPAM règle 14) est claire : les deux bateaux modifient leur route sur tribord, de manière à se croiser bâbord contre bâbord. Les deux, pas un seul. C'est une manoeuvre symétrique.

Le piège vient de la tournure de la question. « Qui doit manoeuvrer ? » est souvent proposé avec 4 réponses dont :

  • Celui qui est à tribord de l'autre.
  • Celui qui est à bâbord de l'autre.
  • Les deux, chacun de son côté.
  • Les deux, chacun vers son tribord.

Il y a une différence entre les deux dernières réponses. « Chacun de son côté » est ambigu et potentiellement faux. « Chacun vers son tribord » est explicite et juste.

Mon erreur : j'ai coché la réponse ambiguë « chacun de son côté » parce que je savais que les deux devaient manoeuvrer, mais je n'ai pas lu assez attentivement la précision du côté. Faux. La bonne réponse précise toujours tribord, parce que c'est la règle internationale et qu'elle est symétrique (si l'un manoeuvre à bâbord et l'autre à tribord, ils se croisent cap sur cap, donc collision).

Astuce mnémotechnique que j'avais : « je regarde toujours à droite en rencontre frontale, j'écarte à droite, l'autre écarte à droite, on se croise bien ». La droite en mer, c'est tribord. Le rouge (bâbord) reste à gauche, le vert (tribord) à droite, et en rencontre frontale les deux verts doivent se voir.

Comment j'aurais dû réviser

Sur les 4 points que j'ai ratés au QCM, 3 portaient sur les 5 questions ci-dessus. Si j'avais passé 30 minutes la veille sur ces 5 thèmes précis, j'aurais sans doute eu 29/30 ou 30/30. Je ne dis pas pour le score, je dis pour la lecture des situations réelles en mer. Ces 5 questions ne sont pas des pièges arbitraires, elles testent des raisonnements que tu vas mobiliser réellement en navigation.

Si tu as ton examen dans 2 semaines, fais cet exercice : prends ces 5 thèmes, écris-les sur une feuille, et raconte à voix haute la règle associée à quelqu'un qui ne connaît pas le sujet. Si tu hésites ou si tu cherches tes mots, tu n'as pas intégré. Révise jusqu'à ce que l'explication sorte fluide, comme si tu la donnais à un gamin de 12 ans.

Tu gagneras plus de points avec cette méthode qu'avec 2 heures de QCM supplémentaires. Le QCM teste la mémorisation, la récitation orale teste la compréhension. Et c'est la compréhension qui te sauvera en mer.

Pour élargir, mon retour d'expérience sur le permis côtier passé à Brest couvre le budget et la logistique.

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